Comme j’en ai l’habitude, je me suis intéressée au dernier post de @Perrine Carpentier. Et là … le traitement de son sujet est aussi court et efficace que les réflexions qu’il m’inspire me sont longues à traiter.
Pour alimenter la discussion sur l’usage de l’IA au travail, elle a mentionné deux chiffres clés :
« 81 % des personnes utilisant déjà l’intelligence artificielle au travail déclarent bénéficier de ces avantages en termes de productivité ». Le chiffre est sans surprise.
« Les personnes qui utilisent l’IA sont 30 % plus susceptibles de dire qu’elles se sentent passionnées par leur travail. ». Et là, je suis interpelée sur mon propre usage.
En tant qu’utilisatrice de base, j’ouvre régulièrement une IA pour me donner des idées de sujets pour mes posts LinkedIn. Jusqu’à présent je n’ai jamais développé ce qu’il m’a proposé (je ne dois pas être la reine du prompt, je ne trouve jamais mon bonheur). En revanche, et comme par magie, cela libère mon cerveau et des thèmes qui me parlent m’arrivent plus facilement. Je gagne en quelque sorte par transitivité.
D’autres usages, tels que la rédaction de contenu ou la génération de solutions me laissent plus perplexe. J’entends beaucoup qu’il suffit de reprendre ce que propose l’IA et le « remette à sa sauce » pour obtenir un résultat satisfaisant et original. Mais quelle satisfaction retire-t-on de cette production ?
Après réflexion, je me rends compte que l’effort, et parfois la douleur, que je mets dans la construction de la solution que je propose porte autant de valeur pour moi que la satisfaction finale de mon client. Si je ne mets pas mon cerveau en ébullition pour trouver de nouvelles idées, si je n’ai pas la conviction d’être rentrée dans les chaussures de mon client, si je ne repense pas 10 fois les mots pour choisir les plus justes, si c’est trop facile… je n’ai pas le sentiment de m’accomplir dans mon travail, comme si je n’étais pas si utile que ça !
Une amie me racontait il y a quelques jours qu’une jeune de ses collègues passait systématiquement par chatgpt pour à peu près tout, était ravie du temps gagné et plébiscitait l’outil. Force est de constater que notre fonctionnement est différent, mais je ne vois pas ses clés. Et pourtant, la révolution de l’IA et de l’IA générative nous pousse vers une voix beaucoup moins « artisanale », et ce n’est probablement qu’un début. C’est un élément fondamental du travail de demain et donc du management de demain.
Il ne s’agit pas pour moi de jeter le bébé avec l’eau du bain et de m’inscrire dans le rejet de cette technologie. Toute intelligence est précieuse. Ma question est plutôt de savoir si au même titre qu’il y a les générations qui sont nées avant Internet et celles qui sont nés avec, il n’y a pas une compréhension de la valeur du travail d’avant l’IA et d’après IA ?
