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Droit à la déconnexion : mythe ou réalité ?

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Mails, appels, messagerie instantanée, réseaux sociaux internes, autant de possibilités de garder un lien permanent avec son travail. Et pourtant, le droit à la déconnexion est généralement inscrit dans des accords collectifs, dans une charte, ou est tout simplement une règle de bon sens installée quand il n’y a aucune obligation d’accord. Alors qu’en est-il au quotidien ?

Nombreuses sont les entreprises qui communiquent auprès de leurs collaborateurs sur le sujet. Des webinars, des notes internes, des affichages, etc… on ne peut pas leur reprocher l’inaction. Et pourtant, voilà ce que j’entends encore :

  • Mon chef m’a envoyé une invitation pour une réunion à 18h30 alors même qu’on était tous en train d’écouter un webinar sur l’équilibre de vie pro-perso !
  • Quand je suis en télétravail, je me connecte tôt et je le reste jusqu’au soir, sinon on va croire que je ne travaille pas !
  • Tous les lundis matin à 8h je reçois 10 à 15 mails d’un coup de la part de mon boss. J’ai toujours l’impression qu’il me reproche d’avoir pris mon week-end !
  • C’est difficile le soir de ne pas jeter un coup d’œil à mes mails avant d’éteindre la lumière !

Le droit à la déconnexion, ce ne sont pas que des consignes à respecter. C’est avant tout un changement de culture pour l’entreprise, mais aussi pour le collaborateur. Les négociations et l’information sur le sujet ne suffisent pas.

Au sein des équipes, cela doit faire l’objet d’une discussion sur ce que cela implique sur l’organisation du travail et des échanges et en quoi la responsabilité de chacun est engagée à travers ses comportements. Il est aussi important d’ouvrir la parole sur les non-dits associés aux anciens us et coutumes.

Mais c’est aussi une discipline à s’imposer dans la sphère privée. Quand l’information est aussi facilement accessible à tous moments, c’est très tentant de déplacer son doigt de quelques millimètres sur son écran de portable pour ouvrir une application pro. Pour ma part, j’ai fait le choix d’avoir deux téléphones, un pro, un perso. Alors il y a toujours quelqu’un pour me dire que je peux avoir deux cartes SIM sur le même téléphone, mais le sujet n’est pas là. Mon téléphone pro n’est à portée de mains quand il n’a pas à l’être. De plus, mon ordinateur n’est pas visible en dehors de mes heures de travail. Je me protège. Cette réflexion peut aussi faire l’objet d’un échange entre collaborateurs pour connaître les bonnes pratiques de chacun.